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  <title>La Shoah et la destruction nazie de l'Europe orientale</title>
  <description><![CDATA[Séminaire et projet de recherche piloté par Paris-Sorbonne en coopération avec le Center for Advanced Holocaust Studies of Washington.]]></description>
  <link>http://www.seminaireshoah.org/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2012-05-21T18:46:14+02:00</dc:date>
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   <title>Séance du 9 mai 2012 - Littérature et Shoah</title>
   <pubDate>Mon, 07 May 2012 12:17:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/4166422-6323349.jpg" alt="Séance du 9 mai 2012 - Littérature et Shoah" title="Séance du 9 mai 2012 - Littérature et Shoah" />
     </div>
     <div>
      Mercredi 9 mai, de 16h à 18h, en salle des Résistants, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, se tiendra une séance du séminaire &quot;Ecrire l'histoire de la Shoah&quot;, assurée par le Professeur Edouard Husson. Elle portera sur la littérature et la Shoah, notamment avec l'étude des Bienveillantes de Jonathan Littell.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.seminaireshoah.org/Seance-du-9-mai-2012-Litterature-et-Shoah_a259.html</link>
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   <title>Le génocide des Roms - séance du 18 avril 2012</title>
   <pubDate>Mon, 16 Apr 2012 22:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/4100164-6222545.jpg" alt="Le génocide des Roms - séance du 18 avril 2012" title="Le génocide des Roms - séance du 18 avril 2012" />
     </div>
     <div>
      Mercredi 18 avril, de 16h à 18h, aura lieu une séance du séminaire &quot;Ecrire l'histoire de la Shoah&quot;, en salle des Résistants, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris. Elle portera sur le génocide du peuple rom pendant la Seconde Guerre mondiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/4100164-6222545.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Le-genocide-des-Roms-seance-du-18-avril-2012_a258.html</link>
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   <title>Bronnaïa Gora : site d'exécution ou camp d'extermination? (Séance du 4 avril 2012)</title>
   <pubDate>Mon, 02 Apr 2012 10:38:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/4057853-6156651.jpg" alt="Bronnaïa Gora : site d'exécution ou camp d'extermination? (Séance du 4 avril 2012)" title="Bronnaïa Gora : site d'exécution ou camp d'extermination? (Séance du 4 avril 2012)" />
     </div>
     <div>
      Mercredi 4 avril 2012, de 16h à 18h, aura lieu en Salle des Résistants (E.N.S., 45 rue d'Ulm, 75005 Paris) une séance du séminaire &quot;Ecrire l'histoire de la Shoah&quot; qui portera sur &quot;Bronnaja Gora: site d'exécution ou camp d'extermination?&quot; par Andrej Umansky et Marie Moutier, en présence du Professeur Edouard Husson.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/4057853-6156651.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Bronnaia-Gora-site-d-execution-ou-camp-d-extermination-Seance-du-4-avril-2012_a257.html</link>
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   <title>Séance du 21 mars 2012 -  Sonderkommando 4a / Fusillades en Pologne</title>
   <pubDate>Thu, 15 Mar 2012 15:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/4006371-6077178.jpg" alt="Séance du 21 mars 2012 -  Sonderkommando 4a / Fusillades en Pologne" title="Séance du 21 mars 2012 -  Sonderkommando 4a / Fusillades en Pologne" />
     </div>
     <div>
      Le mercredi 21 mars 2012, de 16h à 18h, aura lieu une séance du séminaire &quot;Ecrire l'histoire de la Shoah&quot;, en salle des Résistants, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris.       <br />
              <br />
       Nous aborderons les thématiques suivantes:       <br />
       - Le Sonderkommando 4a de Blobel, par Jonas Hillebrandt;       <br />
       - Les recherches sur les fusillades des Juifs et des Tsiganes dans la région de Lublin (Pologne), par Anna Szymerowska et Patrice Bensimon.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/4006371-6077178.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Seance-du-21-mars-2012-Sonderkommando-4a-Fusillades-en-Pologne_a256.html</link>
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   <title>Les enfants dans la Shoah à l'Est - par Alexis KOSAREVSKYI</title>
   <pubDate>Thu, 08 Mar 2012 15:58:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   « Déjà presqu'au bord de la fosse, une petite fille juive s'est approchée du bourreau et lui a demandé : « Tonton, dois-je aussi enlever mes bottes? »     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3959116-5982394.jpg" alt="Les enfants dans la Shoah à l'Est - par Alexis KOSAREVSKYI" title="Les enfants dans la Shoah à l'Est - par Alexis KOSAREVSKYI" />
     </div>
     <div>
      Les enfants dans la Shoah à l'Est-ce sont des milliers de petites vies broyées par la machine d'extermination nazie. Le sujet est si poignant, si insoutenable qu'on a presque envie de ne pas l'évoquer et pourtant, il est si nécessaire, car sans cela, l'étude de la Shoah semble incomplète alors que beaucoup rêvent de la clore.Il met en lumière un pan si douloureux de l'histoire humaine que les études historiques sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah apparaissent comme de multiples tentatives de s'en approcher sans oser parvenir à l’affronter. Il faut avoir infiniment de courage pour l'aborder « froidement », posément, et surtout sans colère (elle altère beaucoup trop notre lucidité), mais aussi sans cynisme ce qui semble être au cœur du cœur de la destruction. Tant que l'on n'aura pas traité dans le détail l'extermination des Juifs et notamment les enfants, on ne cessera de tourner autour de cette époque sans que son étude nous ait donné tous ses enseignements, sans que l'on puisse s'en affranchir.       <br />
       Il y a en effet quelque chose de spécifique à ces années noires. Chacun le perçoit intuitivement et il est étonnant combien sa présence est persistante en nous bien que consciemment ou inconsciemment dans une population qui au 4/5 n'a pas connue cette guerre. Pour s'en convaincre, il suffit d'évoquer la guerre froide pour sentir des événements lointains, des événements qui font « partie de l'histoire ».       <br />
       L’entreprise effectuée ici ne se veut pas une délectation de détails macabres, mais une approche nouvelle à la lueur des témoignages recueillis récemment en Ukraine, Biélorussie, Russie, Pologne d’un aspect bien sombre de la Shoah : le massacre des enfants. Évoqué dans les archives allemandes et soviétiques , il est omniprésent chez les témoins rencontrés. J'ai été ainsi poussé à réfléchir à de nouvelles problématiques sur ce qui étaitl'une des manifestations de la violence génocidaire dont faisaient preuve les bourreaux nazis et leurs collaborateurs. Récits durs et éprouvants, révélant hélas une réalité sordide. Rappelons qu’un génocide, par définition, est le projet d’extermination de la population jusqu’au dernier enfant.       <br />
       Les propos de témoins sur la tuerie généralisée des enfants est parfois insoutenable, mais nécessaire. J'ai essayé d'exprimer quelques-unes de mes réflexions et d'apporter quelques détails nouveaux en me basant sur les témoignages récoltés par Yahad - In Unum ainsi que sur les archives soviétiques et allemandes. On le sait bien, ce ne sont pas les propos qui sont insoutenables, mais les actes relatés qui ont effectivement eu lieu, et c'est là que le sujet nous écartèle. On voudrait en comprendre davantage, en mesurer l'ampleur. Quel est donc ce mécanisme mental qui permet à des hommes en masse de se déchaîner sur des nourrissons sans qu'aucune barrière morale et critique ne se déclenche ?        <br />
       De nos jours, l'histoire de la Shoah à l'Est nous parvient à travers les « yeux » des enfants de l'époque. Les évènements atroces auxquels ils ont assisté volontairement ou involontairement, ont eu un effet psychologique irrémédiable sur eux et par la suite se sont profondément ancrés dans leur mémoire pour toute la vie… Les enfants occupent une place tout à fait particulière dans la Shoah puisqu'aujourd'hui, travaillant sur l'Histoire orale et oculaire, il ne nous est pas possible d'évoquer les enfants juifs victimes sans parler des enfants-témoins ukrainiens, russes, biélorusses ou polonais… Malgré eux, l'enfance dans la Shoah a tracé le lien irréfutable entre leurs vies, entre ceux qui ont été sauvagement assassinés et ceux qui témoignent par leurs souvenirs douloureux aux équipes de Yahad-In Unum. Lors de nos interviews quasiment tous les témoins s'interrogent « Pourquoi tuer les enfants ?.. » qui autrefois étaient leurs amis. La réponse est aussi simple que la question : parce que, pour les bourreaux, ils étaient nés Juifs, Mischling  ou Tsiganes…       <br />
       La guerre arrivée dans les villages juifs, ukrainiens, russes, biélorusses, polonais, a apporté des dissensions parmi les adultes de l'époque mais pas parmi les enfants. Nombreux sont les témoins de Yahad qui évoquent avoir des amis juifs avec qui ils allaient à l'école ou avec qui tout simplement ils jouaient ensemble.« Dans le village j’avais deux amies juives, Sarah et Rosa avec lesquelles je jouais souvent à cache-cache » , se souvient Anastasia P., née dans une colonie juive…Les mauvaises langues diront qu'ils le disent parce qu'ils se sentent coupables des évènements qui ont eu lieu pendant la guerre… Certes, tous les témoins ne disent pas qu'ils étaient amis avec les enfants juifs mais quasiment tous les témoins interviewés par Yahad - In Unum parlent d'enfants-victimes de la Shoah. De plus peut-on mettre en doute les paroles d'une dame âgée de 87 ans, au couchant de sa vie, disant qu'elle « regrette d'avoir poussé un petit garçon juif et ne plus jamais pouvoir lui demander pardon parce que dans la nuit les Nazis sont venus le chercher pour tuer »? . La différence ethnique, sociale ou religieuse n'existait pas entre les enfants juifs et non-juifs jouant ensemble dans les champs des villages.Les regards voilés par les souvenirs terribles de leur enfance, nos équipes entendent souvent les témoins dire : « nous étions tous pareils, nous étions tous des êtres humains »…       <br />
       Et pourtant les enfants juifs étaient plus vulnérables par le simple fait… d'être enfants. Les nourrissons juifs étaient les premières victimes de la Shoah. Par le risque d'être aussi fusillées, les non-juifs refusaient de cacher les familles juives avec des nourrissons parce qu'ils auraient pu les démasquer par leurs cris et pleurs. Une témoin à Chełm, Pologne, partage ses souvenirs : « Les Juifs se cachaient dans la cave. Les nourrissons et les enfants criaient tellement fort qu'il n'était pas possible de s'endormir. Si les SS étaient venus, ils les auraient tout de suite trouvés ! » . Un homme né à Grymaïliv, Ukraine, se souvient: « J'ai caché 5 juifs derrière un faux mur mais j'étais obligé de refuser à une mère avec un nourrisson parce qu'il criait tout le temps… Vous comprenez ? Si les Allemands l'avaient démasqué, nous serions tous exécutés ! » .Cependant nous connaissons plusieurs cas quand, malgré le danger omniprésent, les familles acceptaient d'« adopter » un enfant juif seul, sans parents, en le faisant passer pour un membre de la famille…       <br />
       La vulnérabilité des enfants suscite aussi le choix des méthodes plus « rapides » et plus « faciles » de leur tuerie par les bourreaux : « Les enfants ont été séparés des mères. Les femmes ont été tuées de la même manière que les hommes. Etant donné que la nuit tombait lorsque la fusillade des femmes venait d'être terminée et que les bourreaux avaient hâte de retourner à Doubno, il a été décidé de tuer les enfants d'une autre manière. Ils ont mis les enfants dans la fosse et y ont jeté deux grenades » .       <br />
       Une Aktion commence, le village est encerclé, les bourreaux sont là et la mort est proche. Les adultes le savent, les enfants le perçoivent. Les nourrissons se mettent à pleurer, les enfants un peu plus grands se cachent derrière leurs parents, certains essaient de se sauver et cherchent un abri ailleurs... « Au printemps 1941 l'Aktion a eu lieu dans notre village. Nous étions en classe quand j'ai vu un garçon juif de 5 ou 6 ans être tué par un Volksgendarme dans la rue. Quand le petit garçon a essayé de s'enfuir et l'Allemand l'a attrapé, celui-ci l'a mordu à la main. Cela a rendu le gendarme furieux ! Alors il a pris le garçon par les pieds et a frappé fortement sa tête contre un poteau ! La tête a « explosé ». L'Allemand a jeté le corps à côté et est parti » .       <br />
       Ceux qui n'ont pas pu se cacher, sont amenés vers les fosses « … non loin du village …» où « … ils ont été massacrés en plein jour…» devant tout le monde : « C’était effroyable pour moi de devoir voir les femmes s’écrouler sur le sol, la plupart mortes, tandis que les enfants dans leurs bras ou tenus par la main n’étaient pas touchés ou très légèrement. La plupart du temps les enfants, renversés par la chute de leur mère, s’asseyaient sur le sol ou sur le corps gisant de la mère, sans comprendre vraiment ce qui s’est passé. Je vis aussi comment ils grimpaient sur leurs mères au milieu des femmes mortes. Ils regardaient autour d’eux et ne comprenaient certainement pas ce qui se passait là. J’ai encore l’image très nette devant les eux : ils regardaient en haut avec leurs grands yeux et une tête apeurée rentrée vers les tireurs. Aucun ne pouvait pleurer face à la terreur. Je vis deux fois un SS descendre avec une carabine dans la fosse et achever d’un tir dans la nuque les enfants – qui, comme je l’ai déjà dit, ne pleuraient pas mais regardaient, effrayés, autour d’eux – qui étaient assis sur les morts ou sur leur mère. Je crois qu’il visait directement la tête avec son fusil. Du moins a-t-il tenu le canon non loin de la tête, car je remarquai à peine un espace entre la tête et le canon. Les enfants, que je vis crapahuter ici et là, allaient du nourrisson à l’enfant de 2-3 ans. Les plus grands étaient déjà dans la ligne de mire et étaient touchés la plupart du temps par le commando de fusillade. Je ne vis aucun des grands ramper. » .       <br />
       Parfois le terme « Aktion » ne s’appliquait qu’aux enfants et devenait en langage nazi « Kinderaktion ». Quelles sont les causes de ces « Kinderaktionen » ? Libérer les mères des enfants encombrants afin de les déporter en Allemagne pour les travaux ? Cela fut, par exemple, la cause officielle pour les enfants du « LagerKurtenhof » , non loin de Riga, Lettonie, mais quelle est celle du ghetto de Lviv, Ukraine, par exemple : « L’Aktion eut lieu dans le ghetto  dans un contexte ordinaire. Je vis comment un SS, de la fenêtre ouverte de l’hôpital, lança un petit enfant dans le camion dans la rue. Je vis aussi comment cet homme est parti de la fenêtre, est arrivé dans la rue, a attrapé un petit enfant, celui-là même qu’il avait jeté par la fenêtre et qui n’était pas tombé dans le poids lourd, l’a pris par les pieds et lui a frappé la tête contre le mur. Puis il a lancé l’enfant fracassé dans le LKW . Il a aussi couru dans le bâtiment où je me trouvais. Il y a saisi deux petits enfants âgés d’environ 5-6 ans, qui s’étaient cachés dans le bâtiment. Il les prit et les tira par les pieds en descendant les escaliers et les lança dans le LKW. Je crois me souvenir que cette Aktion était  dirigée principalement contre les femmes et les enfants. » . Ou celle du village de Novo Podilsk en Ukraine où le témoin de Yahad - In Unum partage ses souvenirs dans une école soviétique abandonnée :« C'était à l'automne. L'école maternelle de Novo Podilsk où les bourreaux sont venus chercher les enfants, se situait en face de la maison de ma  grand-mère. Le policier et les Allemands sont entrés dans l'école; le policier, qui connaissait les enfants, les désignait en disant: &quot;Jude, Jude, Jude&quot;. C’était les enfants d’un parent juif qui ont été rassemblés ce jour-là. Sous les Allemands on les appelait « les métisses ». On a chargé les enfants dans un chariot du kolkhoze et on les a amenés vers une fosse creusée à l’avance. Tout autour de la fosse les Allemands attendaient. Le policier faisait descendre les enfants du chariot, les faisait aligner devant la fosse et les Allemands leur tiraient dessus à la mitraillette. Il y avait des petites filles et des petits garçons de tout âge dans le chariot mais il y avait aussi les nourrissons. Le policier les prenait par les pieds, frappait leurs têtes contre les roues du chariot et jetait leurs corps dans la fosse. »        <br />
       A partir de l’exemple de ces « Kinderaktionen »,Aktionenoù les victimes ne sont que les enfants, peut-on tracer les liens entre elles ? Certes, cela serait difficile mais sans aucun doute un lien existe et c’est celui de l’envie de « faire disparaitre ce peuple de la face de la terre» et de ne pas « laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants» .       <br />
       Mais néanmoins une autre question surgit : comment ces enfants juifs, mischling ou tsiganes ont été tués ?Quand la 454ème section de la Division administrative de sécurité s'est exprimée sur l'extermination des enfants juifs : « Dans plusieurs endroits, l'approvisionnement des enfants et des nourrissons juifs laissés sans parents, pose des difficultés; ainsi les mesures correctives doivent être prises par le SD» , elle n'a point donné un ordre précis : comment exterminer ces enfants ?L'adaptation de ce « comment » a été laissée aux supérieurs des Einsatzgruppen chargées de l'extermination. C'est pourquoi les enfants ont été fusillés comme les adultes, gazés comme les adultes mais cela ne s'arrête pas là… Ce qu'on peut dire avec la certitude aujourd'hui, c'est que dans la Shoah par balle les enfants-victimes ont souvent subi un sort différent de celui des victimes adultes, le sort plus horrible, plus cruel, sans pitié… Ils n'ont pas été seulement fusillés mais dans la plupart des cas ils ont été massacrés par tous les moyens possibles et imaginables qui dépassent tout l'entendement humain. La liste de ces « façons» peut être aussi longue qu'était immense l'imagination des bourreaux, à commencer par « enterrés vivants» ou « percés par les baïonnettes» et à finir par « les têtes écrasées contre les roues d'un chariot du kolkhoze» ou « les têtes coupées à la hache»… Pourquoi autant de brutalitéportée essentiellement sur les enfants ? Est-ce un effet psychologique de la fragilité infantile qui a influencéles bourreaux ? L'inoffensivité des petits êtres humains rendait-elle les tueurs plus violents et cruels ?Les questions peuvent paraître « banales», les réponses ne le sont pas pour autant. Lors du procès de Nuremberg, Otto Ohlendorf, le chef de l'Einsatzgruppe D, a déclaré : « Une balle, un Juif. Un Juif, une douille». Est-ce la réponse d'économie des munitions sur les petites victimes de la Shoah est la seule bonne réponse ? Il n'y aura jamais la «seule bonne réponse» mais au moins on peut essayer de saisir ce qui s'est passé.Puisqu'à plusieurs reprises les témoignages de Yahad - In Unum ainsi que les archives soviétiques et allemandes, révèlent le fait que les enfants juifs, mischling ou tsiganes étaient aussi fusillés comme les adultes, l'économie des balles n'y est pour rien. Il reste l'effet dû à l'état psychologique des bourreaux lors des exécutions de masse. Les enfants encombraient et énervaient les tueurs qui voulaient« s'en débarrasser» au plus vite d'une façon où ils pouvaient s'appliquer directement, voire « manuellement»:« Groupe par groupe les victimes juives et tsiganes étaient mises autour de la fosse. Les nourrissons étaient arrachés des bras de leurs mères, jetés en l'air et percés par les baïonnettes. Je me souviens de leurs petits corps percés par les baïonnettes et leurs petits bras qui convulsaient…» .       <br />
       En travaillant sur l'étude de plusieurs exterminations décrites dans les archives soviétiques et allemandes ou par les témoins de Yahad - In Unum, une évidence perce : une extermination dans un village ne ressemble guère à celle dans un autre village une dizaine de kilomètres plus loin. Certes, le but des bourreaux était partout le même mais la«méthode», « l'organisation » du crime, sa « mise en œuvre » dépendaient de l'improvisationdu chef des tueurs ainsi que de son état psychologique et de celui de ses complices : «Je peux encore me souvenir de l’Aktion Sdolbunow le 13/10/1942. Je vis comment Wacker ouvrit la porte et comment il a tiré une personne. C’était une vieille dame avec un petit enfant dans les bras qui se défendait et disait : &quot;Laissez-moi, HerrKommissar !&quot;.Wacker saisit l’enfant et l’attrapa par les jambes, le fit voltiger plusieurs fois et lui frappa ensuite la tête contre le poteau de la porte. Ça résonna comme quand un pneu éclate. Lorsque l’enfant fut mort les habitants de la maison sortirent sans aucune résistance et complètement résignés. J’entendis comme Wacker a dit à ses camarades : « C’est la meilleure méthode, on doit juste le comprendre.» . Parfois l'ivresse folle de la mort gagnait les bourreaux et les actes d'extermination les « amusaient» : « Quand il y avait beaucoup de gens qui mourraient, on faisait sortir leurs corps dans la cour du camp, on les entassait et mettait du feu. Parfois les Allemands s'amusaient et jetaient les nourrissons vivants dans le feu. Quand leurs petits corps roulaient en bas du tas, ils les renvoyaient dans le feu à coup de botte.» . Un acte d'extermination était identifié à un jeu :« Le supplice des enfants de mariages mixtes [Mischling] se passait de la façon suivante : les hommes de la gestapo les lançaient en l’air, plaçaient leur baïonnette de manière à ce que les enfants dans leur chute se plantent dessus» .       <br />
       En revanche, certains témoignages révèlent la froideur des décisions dans le choix d'une « façon » d'exterminer les enfants juifs, mischling, tsiganes. Dans ces cas précis, une personne est attribuée à l'exécution de cette tâche. Est-ce un (-e) volontaire ? Peut-on comprendre la profondeur de ses propres « raisons » ?« Toute la colonne était amenée près du fossé, devait s’y déshabiller entièrement. Puis, par groupe de 4-5 personnes, les gens étaient disposés dos à la mitraillette qui tirait de bon cœur. A côté de la mitraillette se tenait quelqu’un avec une blouse noire, un masque, les manches rouges et une hache dans les mains. Il prenait les petits enfants par les cheveux et leur tranchait la tête» . Ou ici :«Les enfants juifs étaient séparés des adultes préalablement et mis dans un camion à part. Un Allemand portant un masque s'occupait de leur mise à mort. Il prenait les enfants un par un, les amenait au bord de la fosse, à la main il avait un récipient qu'il mettait sous le nez des enfants et ceux-là tombaient tout de suite dans la fosse.» . Est-ce un produit empoisonné ou un somnifère ? Est-ce que les bourreaux voulaient tuer les enfants avant qu'ils ne tombent dans la fosse ou ils souhaitaient qu'ils y meurent étouffés ?..       <br />
       Actuellement, on estime que 1 500 000 enfants furent victimes de la Shoah  mais est-ce juste ? S'occupait-on à compter les nourrissons en exterminant les adultes ? Et ceux qui étaient nés pendant la guerre ? Les témoins rencontrés par Yahad - In Unum disent souvent, comme, par exemple, Ievdokia V. : « Je vous ai parlé de 50 adultes… mais il y avait aussi plein d'enfants là-bas ! En tout ils étaient à peu près une centaine ! » . Les petites victimes de la Shoah à l'Est, ne sont-elles pas parfois oubliées ? Et pourtant elles méritent plus d'attention et doivent faire l'objet d'études approfondies et particulières dans la mesure où elles ont non seulement subi la barbarie innommable nazie mais aussi parce que leur mort était plus brutale, plus cruelle, plus atroce…       <br />
       Un jour Makhaïl Ch., juif survivant du camp de Petchora, étant enfant à l'époque, a résumé son interview par les paroles suivantes : « Toute mon enfance s’est passée dans cet enfer. Il faut que cela ne se répète plus jamais…» .       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.seminaireshoah.org/Les-enfants-dans-la-Shoah-a-l-Est-par-Alexis-KOSAREVSKYI_a255.html</link>
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   <title>Séminaire du 7 mars 2012 - Les enfants dans la Shoah par balles / Le Sonderkommando 4a de Blobel</title>
   <pubDate>Mon, 05 Mar 2012 11:36:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3944438-5955048.jpg" alt="Séminaire du 7 mars 2012 - Les enfants dans la Shoah par balles / Le Sonderkommando 4a de Blobel" title="Séminaire du 7 mars 2012 - Les enfants dans la Shoah par balles / Le Sonderkommando 4a de Blobel" />
     </div>
     <div>
      Le mercredi 7 mars 2012, de 16h à 18h, se tiendra une séance du séminaire &quot;Ecrire l'histoire de la Shoah&quot;, en salle des Résistants, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris.        <br />
       Deux interventions:       <br />
       - Alexis Kosarevksyi: &quot;Les enfants dans la Shoah par balles&quot;       <br />
       - Jonas Hillebrandt: &quot;Le Sonderkommando 4a de Blobel&quot;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.seminaireshoah.org/Seminaire-du-7-mars-2012-Les-enfants-dans-la-Shoah-par-balles-Le-Sonderkommando-4a-de-Blobel_a254.html</link>
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   <title>Liakhovitchi, région de Brest, Biélorussie - par Johanna LEHR</title>
   <pubDate>Fri, 24 Feb 2012 12:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Contributions scientifiques]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3906052-5880371.jpg" alt="Liakhovitchi, région de Brest, Biélorussie - par Johanna LEHR" title="Liakhovitchi, région de Brest, Biélorussie - par Johanna LEHR" />
     </div>
     <div>
      Situé au sud-ouest du pays et plus précisément dans la partie nord-est de la région de Brest, le territoire auquel appartient Liakhovitchi faisait partie de la Pologne entre 1920 et 1939. Il vivait donc avant-guerre à Liakhovitchi une importante population polonaise, mais également biélorusse et juive. Lorsque les Soviétiques prirent possession de ce territoire en septembre 1939, ils l’intégrèrent à la Biélorussie soviétique. En juin 1941, la ville passe sous administration militaire allemande, mais dès l’automne, un poste de gendarmerie est installé et la zone est alors dirigée par une administration civile allemande. A sa tête se succèdent Meisters Reinhold Hein (octobre 1941), Lustig (novembre 1941-août 1942), Wille et Meier .       <br />
              <br />
       D’après les archives allemandes , il y avait environ 1 000 à 1 500 Juifs vivant à Liakhovitchi lorsque les Allemands y pénétrèrent le 23 juin 1941. Mais selon deux survivants juifs originaires de la ville, la population juive s’élevait à 6 000 personnes . Une partie réussit probablement à s’enfuir avant l’arrivée des Allemands.       <br />
       Dès le lendemain de l’invasion allemande, les Juifs de Liakhovitchi furent rassemblés dans la synagogue et dépouillés de tous leurs biens de valeur. Ils furent forcés pendant deux mois de travailler 16 heures par jour à la construction de routes, gardés par de Allemands et des Biélorusses.       <br />
       Quelques jours après l’arrivée des Allemands à Liakhovitchi, les dirigeants de la communauté juive furent arrêtés, torturés puis tués dans la forêt de Kominke. Peu après, 80 Juifs trouvèrent la mort dans un pogrom.       <br />
              <br />
       Le 8 juillet 1941, jour de la grande fusillade, le village fut encerclé par la police allemande et ses auxiliaires baltes venus spécialement pour l’exécution, ainsi que par la police biélorusse dirigée par Mashkovsky . Dès l’aube, les Juifs furent chassés de leurs maisons et rassemblés sur la place centrale . Ceux qui avaient déjà été conduits sur leur lieu de travail furent ramenés au village sous les coups de la police allemande, des Lituaniens et de leurs auxiliaires biélorusses. Les mains levées, ils durent rester assis jusqu’à trois heures de l’après-midi sans bouger. Ceux qui essayèrent de s’enfuir tombèrent sous les balles des Lituaniens et des Biélorusses placés par les Allemands aux commandes de mitraillettes postées de l’autre côté du pont traversant la Vedma, en direction de Baranovitchi. Environ 150 personnes furent tuées en s’approchant de ce pont.       <br />
       Une sélection eut lieu sur la place centrale : environ 1 500 personnes furent désignées comme « spécialistes » et écartées du reste du groupe en raison de leur utilité . Les 4 500 personnes restantes - hommes, femmes, enfants, jeunes comme vieux - furent conduites à la fusillade par la police allemande. 1 000 d’entre elles réussirent à s’enfuir en chemin et à se cacher.       <br />
       Le village entier put observer le rassemblement des Juifs et leur départ à pied vers le site d’exécution.       <br />
       « Tous les gens se tenaient derrière les palissades et regardaient les Juifs y aller. Les Biélorusses connaissaient quasiment tous les hommes juifs ; ils leur disaient adieu.  »       <br />
       Les Juifs avançaient à pied vers le site d’exécution décrit par le soldat de la Wehrmacht Karl G. comme « situé sur un champ en friche, à gauche de la route menant à Baranovitchi  ». L’endroit se trouvait à 500 mètres de la station de chemin de fer, sur une colline. Des chariots fermaient la marche.       <br />
       « Les Juifs marchaient, déchiraient leur argent, portaient leurs enfants dans les bras. Une Juive s'est enfuie et entrée dans une cour, mais on l'a rattrapée et tuée. On a mis son corps sur un chariot.  »       <br />
       Les Juifs étaient amenés sur le site d’exécution par groupes de 150 personnes : ils marchaient au milieu de la chaussée, gardés des deux côtés par des policiers, des Allemands et des auxiliaires . Iossif I., qui faisait paître son cheval non loin du lieu d’exécution, a vu les Juifs allongés sur la route, et les policiers frapper ceux qui tentaient de se relever . Bien que gardé, le lieu d’exécution est restée visible pour certains habitants du village, comme les enfants curieux, et pour de jeunes adultes comme Iossif et son ami qui s’étaient cachés sur la colline en face du lieu d’exécution, dans une grange où les céréales étaient stockées. Arrivés sur le site, les Juifs devaient se déshabiller, poser leurs vêtements par terre, puis ils s’approchaient du bord de la fosse qui était en fait un ravin servant de sablière. Il s’agissait d’une grande fosse, composée de quatre sous-fosses. Les Juifs avaient dû creuser la veille ces fosses à la pelle. Cette fosse unique était immense, aussi haute qu’une maison et avait une pente. Mikhaïl O., qui fut réquisitionné pour combler la fosse, se souvient de la procédure : des villageois furent pris de leurs maisons et amenés en camion à côté de la fosse. Ils devaient attendre, leurs pelles à la main, et jetaient de la terre sur les Juifs assassinés après que 3 ou 4 groupes aient été tués d’affilée. Ceux-ci furent les témoins les plus directs des massacres commis car ils se tenaient à côté de la fosse, dispersant du sable entre les « couches » de fusillés, du début à la fin de la tuerie, vers 21h. Concernant le nombre de personnes réquisitionnées, le chiffre diverge : pour Leonid V., né en 1934, une trentaine de jeunes villageois comblait la fosse, mais pour Mikhaïl O., la moitié du village avait dû être mobilisée.        <br />
       Mikhaïl se rappelle encore la présence de policiers qu’il identifia par leurs uniformes noirs. Le soldat G. se souvient qu’il « y avait des Lettons parmi les policiers allemands » ; il dit les avoir reconnus à leurs uniformes de couleur olive. Et ce furent ces Lettons qui, d’après Mikhaïl O., tirèrent au fusil en visant la tête ; les Allemands en donnaient seulement l’ordre. « Les Allemands venaient en voiture. C'était des officiers. Ils disaient quelques mots [aux Lettons] et repartaient. Ils ne restaient pas à regarder la fusillade.  »       <br />
       Mikhaïl O. assista à toute la fusillade. Il précise : « Il y avait de très nombreux tireurs qui tiraient à la carabine directement dans les têtes des Juifs ». Et d’ajouter : « Les mères essayaient de protéger leurs enfants en vain ». Certains tombaient déjà morts, d’autres n’étaient que blessés. La fosse comblée bougea pendant 24 heures.       <br />
              <br />
       Les jours qui suivirent la fusillade, on se mit à la recherche des Juifs cachés dans des caves.       <br />
       « On trouvait par exemple 5-6 Juifs morts dans une cave, alors on les transportait à la fosse.  Le lendemain, on en trouvait dans un autre endroit. Des policiers les cherchaient dans des caves. Certains Juifs qui se cachaient dans des caves y ont trouvé la mort à cause de manque d'oxygène. C'étaient les derniers.  »       <br />
       Les chariots transportant à la fosse les corps des Juifs morts étaient conduits par des villageois réquisitionnés par le soltous et qui avaient dû se présenter avec leurs propres chariots à la Kommandantur.       <br />
              <br />
       Après cette grande fusillade, un ghetto fut créé dans le périmètre autour de la synagogue pour les « spécialistes » (médecins, opticiens etc. que les Allemands avaient gardés en raison de leur utilité) et les Juifs cachés qui avaient réussi à échapper à la première fusillade et que le lieutenant Kemp appela à sortir de leurs cachettes pour venir travailler. D’après la déposition du soldat allemand G., quelques centaines de Juifs de tout âge, hommes et femmes, vivaient dans ce ghetto. Selon des survivants, ils étaient 2 000 personnes, entassées dans 28 maisons, sans nourriture, luttant pour leur survie dans des conditions d’hygiène effroyables . Le ghetto était clôturé et surveillé par les Allemands et par la police locale composée de 20 à 30 personnes. Le poste de police allemand se situait d’ailleurs juste à côté du ghetto. A l’entrée du ghetto se tenait un policier juif qui, selon Mikhaïl O., portait à son bras un brassard blanc avec une étoile à six branches. Il était le seul Juif à porter un signe distinctif après la formation du ghetto . Il ouvrait et fermait la porte du ghetto aux Kommandos de travail qui, répartis par le chef du poste de police allemand, effectuaient des tâches à l’extérieur et à l’intérieur du ghetto sous la surveillance de la police locale.        <br />
       Des groupes de trente jeunes hommes juifs partaient ainsi chaque matin à pied à la gare, à un kilomètre de la ville, pour décharger des wagons, en même temps que d’autres civils biélorusses non juifs et de prisonniers soviétiques affectés à la même tâche. Cependant, les Juifs restaient strictement séparés d’eux. Surveillés par des policiers locaux, ils devaient porter un triangle de tissu cousu dans le dos qui servait à les distinguer . Ceux qui tombaient de fatigue ou d’épuisement étaient immédiatement fusillés . L’organisation Todt avait puisé dans la population du ghetto pour constituer sa main-d’œuvre : Kurt S., ingénieur civil envoyé à Stoplce durant l’hiver 1941/1942 par une entreprise allemande basée à Munich, dirigeait à Liakhovitchi le projet de construction d’une centrale à côté de la voie de chemin de fer . Les Juifs travaillaient également à la forge située à l’extérieur du ghetto ; ils y fabriquaient des outils agricoles. « [La forge] se trouvait à environ quatre cents mètres [du ghetto]. Il y avait quatre forges d'un côté et cinq ou six forges de l'autre côté de la route qui mène à Podlessié.  » Un survivant faisait partie des 70 hommes qui ont travaillé durant 7 mois à la construction d’une route menant à Baranovitchi. Les Juifs du ghetto travaillaient également à soigner les chevaux des Allemands à l’intérieur du ghetto.        <br />
       Les rapports de travail entre Juifs résidant dans le ghetto et non Juifs n’étaient pas suspendus malgré la séparation géographique : Maria S. née en 1925, se souvient avoir appris à coudre auprès d’une femme juive, prisonnière du ghetto, mais qui avait obtenu un laisser passer pour sortir travailler . De même, Iossif I. a pu continuer après la fusillade son activité auprès de Yankel V. et son frère aîné, qui fabriquaient de l’eau gazeuse et de la limonade. Mises en tonneaux, ces boissons étaient portées sur l’épaule par Mikhaïl O. jusqu’à la Kommandantur et la gendarmerie.       <br />
              <br />
       Le ghetto n’était pas non plus hermétiquement isolé du reste du village en ce qui concerne le ravitaillement : Irina B., née en 1929, a raconté à l’équipe de Yahad comment elle faisait passer de la nourriture aux Juifs en cachant de la viande dans de petites luges qu’il glissait dans un petit passage dissimulé sous les barbelés . Vladimir S., né en 1930, jetait de la nourriture par-dessus les barbelés . Quant à Mikhaïl O., il cachait des vivres donnés par son père directement sous ses vêtements, qu’il offrait à Yankel et son frère. Les Juifs risquaient le fouet s’ils étaient surpris en train de troquer leurs vêtements pour de la nourriture.       <br />
       Le ghetto a duré 7 mois. Selon Kurt S., membre de l’organisation Todt, le ghetto a subi durant cette période deux voire trois liquidations successives, avant celle qui ne devait laisser plus aucun Juif en vie : « Après cette dernière liquidation, il n’y eut plus de main-d’œuvre juive disponible  ».       <br />
              <br />
       La fusillade eut lieu un vendredi durant l’été 1942 . Pour Mikhaïl O., c’est parce qu’une nuit, des Juifs sortirent clandestinement du ghetto pour tenter de rejoindre les partisans alentour – certains Juifs furent rattrapés et tués immédiatement, mais pas tous – qu’au petit matin, les Allemands et les policiers locaux encerclèrent le ghetto pour le « liquider » .        <br />
       Mais selon les survivants du ghetto, c’est parce qu’ils virent le ghetto encerclé ce matin-là qu’ils décidèrent de passer à l’action. De fait, la résistance était déjà dans les esprits. Au printemps, 40 Juifs du ghetto avaient préparé une évasion à laquelle ils avaient renoncé in fine sous la pression du Judenrat, créé par les Allemands durant l’été 1941, qui craignait des représailles collectives. Résolus à ne pas laisser pénétrer les Allemands dans le ghetto, ils en bloquèrent les accès. Les combats commencèrent. Le ghetto était également entouré par des gardes juifs qui portaient des étoiles sur la poitrine et dans le dos. Certains d’entre eux auraient survécu à la guerre . Le capitaine de gendarmerie de Baranovitchi, Max E., était à Liakhovitchi ce jour-là. Il se souvient de camions stationnés devant le poste de la gendarmerie, la foule dans les rues de la ville, tôt dans l’après-midi, puis d’un groupe de Juifs sortant du ghetto : une longue colonne traversant la ville en chantant et pleurant . Selon lui, les membres du poste de gendarmerie de Liakhovitchi et leurs auxiliaires lettons ou lituaniens en uniforme vert olive aux insignes rouges étaient assignés uniquement à des tâches de surveillance et de transport des Juifs. Le chef de la gendarmerie, Wille,  lui dit qu’un Kommando de fusillade était attendu spécialement de Minsk : le ghetto devait être vidé et les Juifs fusillés.       <br />
       Karl G., soldat de la Wehrmacht, raconte avoir vu de l’extérieur les maisons du ghetto brûler durant l’après-midi. « Des policiers allemands et locaux couraient dans tous les sens dans les rues du ghetto et chassaient les Juifs de leurs logement. On voyait que les Juifs opposaient une résistance et désiraient retourner à leurs domiciles. Je vis aussi que les policiers – aussi bien allemands que locaux – tiraient sur les Juifs récalcitrants. Des cadavres gisaient partout dans les rues. Des enfants et des femmes poussaient des cris lamentables. C’était indescriptible.  » Iossif I., pompier volontaire de la ville, fut réquisitionné pour éteindre le feu dans le ghetto. Il se souvient avoir vu alors une famille de Juifs qui s’était cachée, allongée, dans un faux plafond.        <br />
       A l’issue de plusieurs heures de combat, le ghetto brûlait et la plupart de ses habitants avaient péri par les flammes ou sous les assauts des SS. Seuls 11 hommes juifs avaient réussi à s’enfuir, 8 d’entre eux rejoignant l’unité de partisans soviétiques « Shchors » qui comptait, sur 1 000 hommes, un contingent de 130 Juifs . 300 Juifs avaient survécu à l’attaque du ghetto de Liakhovitchi.       <br />
       Un membre du Judenrat dut se déshabiller, ramasser les cadavres jonchant les rues du ghetto, les transporter sur des chariots jusqu’à la fosse ; une vieille femme, cachée dans un bunker, dut également monter nue sur un chariot. Elle fut enterrée vivante dans la fosse.       <br />
       Les 300 derniers Juifs, réfugiés dans trois maisons, firent face à une nouvelle attaque des Allemands 10 jours après la première. Ils décidèrent d’incendier les bâtiments quand ils ne purent plus résister à l’assaut des 1 000 Allemands et Lituaniens. 3 Juifs parvinrent à s’enfuir dans la forêt, rejoignant l’unité partisane « Shchors », les autres périrent.        <br />
       Les actions de liquidation de ghettos situés dans le Gebietskommissariat de Baranovitchi durant l’été 1942 étaient organisées par le bureau du SicherheitDienst (SD) de Baranovitchi, dirigé à cette époque par le SS Amhelung, assisté du Lituanien Gorniewicz.       <br />
              <br />
       Un mémorial existe à l’emplacement de l’ancienne sablière qui servit d’unique fosse à la grande fusillade. Maria S., évoquant trois fusillades distinctes en 1942, raconte que l’on aurait rouvert la grande fosse de 1941 pour les victimes de l’une d’entre elles . Leonid V. dit qu’il existe également deux autres fosses : l’une à l’emplacement actuel de la crèche où furent enterrés les Juifs qui essayaient de s’enfuir après la première grande fusillade, une autre plus petite à l’ancienne sablière (là où se trouve la grande fosse) où l’on a enterré les corps de Juifs morts . Un second mémorial a été construit, mais à l’extérieur de la crèche et ne correspondrait donc pas à l’emplacement de la fosse . Mikhaïl O. quant à lui évoque un troisième lieu d’exécution : il s’agirait d’un bunker dans la forêt, qui n’est indiqué par aucun mémorial.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/3906052-5880371.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Liakhovitchi-region-de-Brest-Bielorussie-par-Johanna-LEHR_a253.html</link>
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   <title>Annulation de la séance du 8 février 2012: remise le 15 février 2012</title>
   <pubDate>Tue, 07 Feb 2012 14:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fanny Chassain-Pichon</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Chers tous,       <br />
              <br />
       La séance prévue demain, 8 février 2012, est annulée.       <br />
       Elle aura lieu le 15 février de 16 à 18h.       <br />
       Je vous communiquerai la salle ultérieurement.       <br />
       Toutes nos excuses pour cette annulation.       <br />
              <br />
       Bien cordialement       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Annulation-de-la-seance-du-8-fevrier-2012-remise-le-15-fevrier-2012_a252.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.seminaireshoah.org,2012:rss-3756392</guid>
   <title>Séance du 15 février 2012 - L'enquête à Motol, par Johanna Lehr, et Les enfants dans la Shoah à l'Est par Alexis Kosarevskyi</title>
   <pubDate>Wed, 01 Feb 2012 15:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3756392-5587572.jpg" alt="Séance du 15 février 2012 - L'enquête à Motol, par Johanna Lehr, et Les enfants dans la Shoah à l'Est par Alexis Kosarevskyi" title="Séance du 15 février 2012 - L'enquête à Motol, par Johanna Lehr, et Les enfants dans la Shoah à l'Est par Alexis Kosarevskyi" />
     </div>
     <div>
      Le mercredi 15 février 2012, de 16h à 18h, aura lieu une séance du séminaire &quot;Ecrire l'histoire de la Shoah&quot; à l'ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris. Nous allons commencer ainsi la troisième partie de notre séminaire: &quot;La micro-histoire du génocide des Juifs en Europe orientale&quot; par deux interventions:       <br />
              <br />
       - Le recoupement des archives et des recherches de Yahad-in Unum sur le terrain: l'enquête à Motol (région de Pinsk, Biélorussie), par Johanna Lehr;       <br />
       - Les enfants dans la Shoah à l'Est, par Alexis Kosarevskyi       <br />
              <br />
       Voici le programme pour les prochaines séances:       <br />
              <br />
       22 février 2012 :	 séance annulée.       <br />
              <br />
       7 mars 2012 : 	Etude du Sonderkommando 4a. / Les massacres en Russie du Sud : génocide et violence généralisée.       <br />
              <br />
       21 mars 2012: 	Bronnaïa Gora : lieu de fusillade ou camp d’extermination ? / Enquête sur les fusillades des victimes juives et tsiganes dans la région de Lublin.        <br />
              <br />
       4 avril 2012 : 	L’extermination des Tsiganes sur le territoire soviétique occupé : sources et enquêtes croisées.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.seminaireshoah.org/Seance-du-15-fevrier-2012-L-enquete-a-Motol-par-Johanna-Lehr-et-Les-enfants-dans-la-Shoah-a-l-Est-par-Alexis_a251.html</link>
  </item>

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   <title>Séance du 18 janvier 2012 - Le recoupement des sources: archives et enquête de terrain</title>
   <pubDate>Tue, 17 Jan 2012 09:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le mercredi 18 janvier, de 16h à 18h, aura lieu une séance du séminaire "Ecrire l'histoire de la Shoah" portant sur le thème du recoupement des archives et des enquêtes sur le terrain menées par Yahad-in Unum en Ukraine, Biélorussie et Russie. Elle se tiendra en salle des Résistants, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3667982-5377354.jpg" alt="Séance du 18 janvier 2012 - Le recoupement des sources: archives et enquête de terrain" title="Séance du 18 janvier 2012 - Le recoupement des sources: archives et enquête de terrain" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/3667982-5377354.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Seance-du-18-janvier-2012-Le-recoupement-des-sources-archives-et-enquete-de-terrain_a250.html</link>
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   <title>Mikhaïlivka : Le camp au village - par Marie MOUTIER</title>
   <pubDate>Thu, 05 Jan 2012 15:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Les camps nazis en Union soviétique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   You will find attached the English, German and French versions.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3617170-5257242.jpg" alt="Mikhaïlivka : Le camp au village - par Marie MOUTIER" title="Mikhaïlivka : Le camp au village - par Marie MOUTIER" />
     </div>
     <div>
      Lorsque les troupes allemandes pénétrèrent sur le territoire ukrainien, elles se rendirent vite compte de l’état déplorable des infrastructures de la région, véritable obstacle au bon acheminement des soldats, du ravitaillement ; au déroulement général de la logistique de guerre. Les Allemands entreprirent alors de grands travaux de rénovations des liaisons routières du pays. Son orchestration fut confiée à l’Organisation Todt . La Durchgangsstrasse IV participait de cette reconstruction. Cet immense axe routier devait relier initialement Berlin au Caucase, en traversant toute l’Ukraine. La DG IV joignit, dans les faits, les villes de la Galicie orientale, Khmelnitski , Vinnitsa, Uman, Kriwoj Rog, Dniepropetrovsk et Donetsk . Ces travaux requéraient une vaste main d’œuvre : Juifs et prisonniers de guerre, mais aussi population ukrainienne locale. Prützmann , délégué par Himmler à la supervision des chantiers, annonça en juin 1943, un chiffre de 140.000 travailleurs pour la seule DG IV, ajoutant à cela les ingénieurs et spécialistes allemands et 12.000 policiers locaux .        <br />
       	En 1942 vint la décision de l’Organisation Todt d’apporter des améliorations à la route reliant les Kreisgebiete Gaissin et Uman aux Generalbezirke Jitomir et Kiev. Initialement, l’ancienne route traversait les villes de Teplik et de Ternovka. Il s’agissait cette fois-ci de construire une ligne directe entre Gaissin et Uman. L’ensemble du travail technique dépendait de l’Organisation Todt. En revanche, l’approvisionnement en main d’œuvre et sa surveillance étaient assurés par la SS et la police. Une dizaine de camps furent créés le long de cette portion, afin d’y interner la main d’œuvre nécessaire : Gaissin, Kiblicz, Teplik, Ositna, Ternovka, Mikhaïlivka, Narajevka, Krasnopolka et Ivangorod. Dans un premier temps, la main d’œuvre de ces camps était composée de Juifs des alentours. Bientôt elle ne suffit plus à pallier les impératifs de construction, de par sa maigre quantité et son état physique de plus en plus faible. La SS eut alors recours, à partir de 1942, à des Juifs roumains de Bucovine . Sur cette ligne, la surveillance de ces Zwangsarbeitslager  – comprenant en moyenne entre 100 et 400 détenus chacun  – revenait à la SS-Bauabschittsleitung de Gaissin dont le chef, de mai à octobre 1942, était le SS-Hauptsturmführer Franz Christoffel , puis le SS-Untersturmführer Oskar Friese  jusqu’en avril 1943. La SS était également appuyée par une milice lituanienne et ukrainienne pour cette tâche. La dureté des travaux, les conditions misérable d’internement, les exécutions isolées ou massives, entraînèrent la mort de 20.000 à 25.000 personnes . Il semblerait que les fusillades de masse furent orchestrées par le KdS  de Jitomir (antenne de Vinnitsa) et le KdS de Kiev (antenne d’Uman).       <br />
       	Le village de Mikhaïlivka se trouvait à une douzaine de kilomètres de Gaissin, entre les localités de Tarassivka et de Granov. La population comptait une large majorité d’Ukrainiens et de Russes. En 1932-1933, Mikhaïlivka avait souffert, à l’instar d’une grande partie de l’Ukraine, de la Grande famine, restée dans la mémoire populaire sous le nom d’Holodomor . Les brigades de patriotes acharnés se rendaient de maisons en maisons pour en saisir les céréales et n’autorisaient qu’un cochon et qu’une vache par foyer. Si bien qu’à l’hiver, les habitants ne se nourrirent plus que d’épluchures de pommes de terre, de légumes pourris, en somme ce qui leur tombait encore sous la main. On voyait régulièrement des chariots, chargé de cadavres – mais aussi de moribonds, arpentant le village jusqu’à la fosse commune du cimetière. La détresse était telle qu’une famille mangea un de ses garçons . On ne peut se pencher sur le sort de villages ukrainiens pendant la Seconde guerre mondiale sans avoir conscience de l’impact considérable que la Grande famine grava dans les mentalités d’alors .       <br />
       	Le camp de Mikhaïlivka fut étudié par plusieurs historiens, dans la mesure où nous disposons à ce sujet d’archives relativement fournies . Les dossiers préparatoires aux procès d’après-guerre allemands sont composés de dépositions d’anciens membres de l’Organisation Todt présents sur les lieux, de SS en charge de la sécurité de la route, et de témoignages de rescapés. Parmi ces derniers, nous avons accès à une source particulièrement intéressante de par l’éclairage qu’elle apporte sur le quotidien des détenus de Mikhaïlivka : le journal intime d’Arnold Daghani , détenu juif roumain. Il le rédigea en captivité, au fil des jours. En revanche, une donnée essentielle ne se trouve pas dans les archives susnommées : le rôle du village et de ses habitants. Le terme de « camp » ne doit pas nous laisser songer à un espace entièrement clos, secret, à l’écart des locaux. Bien au contraire, Mikhaïlivka est un petit village, et les Allemands, comme à leur habitude sur le territoire soviétique, utilisèrent les structures locales pour asseoir leur occupation et organiser les travaux de la route – et le génocide des Juifs. Ainsi, malgré l’abondance de sources diversifiées sur ce camp, il apparaît que les archives seules ne suffisent pas à dresser un panorama complet du fonctionnement. Pourtant, l’organisation du camp se trouve liée dans une certaine mesure à l’environnement local. Comment le village s’organisait-il face au camp ? En réalité, il convient davantage de s’interroger non pas sur deux structures parallèles, mais bien deux fonctionnement imbriqués l’un dans l’autre. Grâce aux données recueillies par Yahad-in Unum lors d’un voyage de recherches  le long des camps de la DG IV, et à Mikhaïlivka en particulier, on peut désormais se pencher sur une source nouvelle qui, confrontée aux éléments déjà existants dans les archives, pourrait permettre de saisir au mieux cette porosité du camp de Mikhaïlivka.       <br />
              <br />
       <b>Les débuts de l’occupation allemande</b>       <br />
              <br />
       	A l’aube de l’invasion allemande, Mikhaïlivka était un village plutôt pauvre, composé de deux kolkhozes, aux dénominations rappelant le pouvoir soviétique (« 17e réunion du parti communiste » et « Staline »), dont l’activité principale demeurait la culture (céréales, maïs, tournesol). Les Allemands pénètrent à Mikhaïlivka au mois de juillet 1941, au terme de violents combats (bombardements et tirs auxquels les villageois tentèrent d’échapper en se réfugiant dans les caves et les tranchées des potagers) .       <br />
       	A leur arrivée, les Allemands entendirent se servir de la structure locale pour faciliter leur occupation. Ils nommèrent un staroste, fonction se rapprochant de celle du maire, et des policiers locaux dont ils s’assuraient l’obéissance.  Une administration allemande se mit aussi immédiatement en place près du bâtiment de l’école, et les soldats de la Wehrmacht s’installèrent chez les habitants .        <br />
       	Les travaux de construction sur la route Gaissin-Uman commencèrent avant la création du camp de Mikhaïlivka. Les Allemands firent d’abord appel à la main d’œuvre locale. Ils demandaient simplement des hommes au staroste, qui transmettait l’ordre des Allemands à son tour à ses subordonnés, qui allèrent ainsi de maison en maison à la recherche de travailleurs. Les Allemands s’appuyaient sur ce système de starostes pour obtenir des réquisitionnés. Fédor, jeune adolescent à l’époque – il avait seize ans – travaillait sur la portion de route , avant l’arrivée des détenus juifs précise-t-il. Les Allemands avaient transmis l’ordre au staroste de rassembler une certaine quantité de travailleurs parmi les villageois. Les filles coupaient l’herbe du bord de la route, tandis que les garçons aiguisaient des outils et effectuaient des tâches plus lourdes, moyennant un petit salaire en Deutschemark et des rations alimentaires. L’ingénieur allemand et les Lituaniens qui supervisaient les travaux firent entendre que cette situation ne durerait pas.        <br />
       	Déjà avant la création du camp, les Allemands intégrèrent les habitants de Mikhaïlivka à leurs besoins d’occupants. Ils les incitèrent également à retourner travailler dans les kolkhozes, dont les produits étaient envoyés « ailleurs » - en Allemagne probablement. On voit très clairement avec cet exemple de Mikhaïlivka que les Allemands se substituèrent au pouvoir administratif d’avant-guerre, mais n’en bouleversèrent pas l’ensemble des structures. La mise en place d’un staroste fut clef : elle assurait le lien entre l’occupant et le village.        <br />
       	Les occupants allemands décidèrent d’ériger un camp à Mikhaïlivka, pour y interner des Juifs de Russie  et de Roumanie qui seraient utilisés pour la construction 	de la route toute proche. Toujours dans un souci d’utiliser au mieux les infrastructures locales, les Allemands choisirent une écurie du kolkhoze en guise de bâtiment du camp. Le camp fut ensuite composé d’une deuxième écurie, lors de l’arrivée des Juifs roumains. En novembre 1942, les détenus du camp des écuries furent transférés dans le bâtiment de l’école. Comme l’enquête de terrain l’a souligné, les deux emplacements du camp se trouvaient en contact direct avec les maisons du village. Le camp de l’école se situait même au centre de la localité, près de l’administration. Dans de telles conditions, il paraît difficilement imaginable que les Allemands aient tenu à un certain secret de ces camps vis-à-vis de la population locale. De même il est difficile d’envisager qu’il n’y ait eu aucun lien entre eux et le village. Il reste à définir dans quelles mesures les habitants locaux furent témoins de ce système génocidaire et à quels degrés ils y furent impliqués par les Allemands.        <br />
              <br />
       <b>Une organisation villageoise liée à celle du camp</b>       <br />
              <br />
       	Un certain nombre d’Allemands évoluaient dans la sphère du camp. Outre les SS, Allemands et Lituaniens, responsables de la surveillance du camp et de la main d’œuvre, se trouvaient des membres de l’Organisation Todt, supervisant les travaux sur la portion de la DG IV . A ceux-là s’ajoutèrent les soldats de la Wehrmacht. On note aussi la venue de deux sœurs, jeunes filles originaires de Remscheid , dans la Ruhr, venues séjourner à Mikhaïlivka dans l’espoir d’y trouver un époux parmi les Allemands présents. Cette présence allemande nécessitait un minimum de sollicitations de la population locale.        <br />
       	Les autorités allemandes eurent besoin d’hommes pour garder les deux camps successifs des Juifs, ainsi que pour les accompagner aux travaux à la carrière et sur la route, pour suppléer le travail des SS, dont Z. et M. furent sans doute les figures les plus traumatisantes . Les locaux reçurent le choix suivant : ou bien ils étaient déportés aux travaux forcés en Allemagne, ou bien ils entraient dans la police créée par les occupants . Fédor, né en 1924, se rangea à la deuxième option. Il reçut, comme une dizaine d’autres villageois, une veste verte, un pantalon blanc, et une arme. Leur rôle principal était de garder les deux écuries du camp, tâche qu’ils effectuaient à tour de rôle, à trois : un à chaque entrée des bâtiments, un autre effectuant une ronde autour. Cette surveillance n’avait lieu que le soir. En journée, comme la plupart des détenus travaillaient en dehors du camp, ce dernier n’était pas gardé. Les policiers locaux les accompagnaient alors sur leur lieu de travail. Des hommes du village surveillèrent les détenus juifs. Ils s’organisèrent de telle sorte qu’une partie d’entre eux travaillaient une semaine et se reposaient l’autre. Réflexe de réquisitionnés.        <br />
       	Autres objets de la réquisition : le logement et la nourriture. Comme nous l’avons mentionné tantôt, SS, membres de l’Organisation Todt et militaires allemands étaient logés chez les habitants du village. Ces derniers vivaient dès lors au gré des arrivées d’Allemands. Ces derniers réquisitionnèrent également nourriture et cuisinières. Arnold Daghani évoque plusieurs aides cuisinières locales attachées au camp .        <br />
       	La venue d’une main d’œuvre juive ne signifiait pas pour les Allemands de faire cesser le travail aux villageois. Ils reprirent les travaux des champs et certains furent assignés à la découpe du bois dans les environs, sous surveillance de la Wehrmacht. Par ailleurs, une rescapée juive témoigne après-guerre qu’il existait dans le village de Mikhaïlivka un camp de travail pour les Ukrainiens, où elle fut chargée par l’un des SS d’enseigner la cuisine à de jeunes filles ukrainiennes. Il y avait là deux cuisines : l’une pour les travailleurs ukrainiens, l’autre, plus petite, où étaient préparés les repas des Allemands .       <br />
       	Par le système même des réquisitions, l’organisation du village de Mikhaïlivka se retrouva étroitement liée à celle du camp. Il ne pouvait pas fonctionner sans l’aide du village, de ses hommes et de ses ressources alimentaires. Les réquisitions fonctionnaient déjà avant l’arrivée des Allemands, ils ne firent qu’utiliser un mécanisme rural qui avait déjà fait ses preuves. Les Allemands se substituèrent à un pouvoir soviétique ayant fui lors des évacuations. Ils prirent soin de ne pas bouleverser entièrement l’organisation rurale. Il s’agissait dans le fond d’un changement de commandement. L’usage de la réquisition permit au village de conserver ses repères, ses réflexes d’avant-guerre ; le dépaysement administratif fut mineur. Néanmoins, les Allemands et leurs auxiliaires apportèrent la violence de leurs desseins, et n’hésitèrent pas à planter un camp en plein village.       <br />
              <br />
       <b>Un camp poreux</b>       <br />
              <br />
       	Lorsque les Juifs roumains arrivèrent au camp, ils furent reçus par Artur K., le commandant SS du camp. Le survivant Bernhard Locker explique : « Peu de temps après, Artur K. apparut, montra la potence qui se trouvait dans la cour, et nous expliqua qu’il y a peu un Juif, qui voulait s’échapper du camp, avait été pendu à cette potence, et nous menaça de pendre immédiatement quiconque tenterait de s’enfuir ou d’établir le contact avec la population du village  ». La peine de mort pour tout contact avec les habitants locaux. Le camp des écuries du kolkhoze était d’ailleurs cerné de fils barbelés. Malgré cela, on a peine à imaginer l’absence de tout lien entre détenus et locaux : la position centrale des deux camps successifs et le système de réquisitions allèrent à l’encontre de l’interdiction du Lagerkommandant.        <br />
       	Le contact qui s’établit entre détenus et locaux fut essentiellement de l’ordre du troc. Ces échanges se déroulèrent parfois avec la bienveillance d’Allemands. Ainsi, Arnold Daghani nota, le 5 janvier 1943 : « A la suite de la permission de B. et K. , contacts avec les paysans et échange des vêtements des détenus du camp contre de la nourriture  ». Il ajouta aussi dans son journal que « celui qui avait la chance de travailler avec l’Allemand Hermann K., c’est-à-dire fendre du bois, de porter des choses, de s’occuper du jardinet ou accomplir quelques travaux à domicile, recevait furtivement à manger de la part du prêtre de l’église, voisin des Allemands… ». Certains Allemands tolérèrent ainsi ces échanges. Ce fut aussi le cas des policiers ukrainiens locaux. Ils laissèrent régulièrement les villageois s’approcher du camp : les Juifs détenus échangeaient alors leurs affaires de valeur contre de la nourriture . Des jeunes du village entraient aussi dans le camp, avec l’accord des gardes, pour se faire couper les cheveux auprès des spécialistes juifs, en échange de pommes de terre . Il semblerait que la présence de policiers du village facilitait ce genre de marché, et amplifiait les relations villageois-détenus, dans la mesure où les locaux se relayaient pour garder le camp.        <br />
       	Malgré les barbelés et la garde, des Juifs parvenaient à s’échapper du camp ou de la colonne de travail, le temps de trouver de la nourriture. Un médecin juif se trouvait dans la rue avec un codétenu, à la recherche de denrées. Ils croisèrent les SS M. et H. qui leur demandèrent ce qu’ils faisaient ici : « Je répondis que K. nous avait envoyés chez un paysan dont l’enfant était malade  ». Il reçut vingt-cinq coups de barre de fer.        <br />
       	Les liens ne se limitèrent pas au troc. Ils furent l’occasion de diffusion des nouvelles de l’extérieur du camp. Daghani écrivit, le 21 mai 1943 : « Nous avons appris que de mauvaises nouvelles étaient parvenues de la forge du village. Les habitants du village auraient fait part – comme on leur a dit – qu’une fosse commune avait été creusée et que des SS doivent venir demain…  ». Fedor se souvient également que l’arrivée des SS présageait le sort funeste des détenus juifs. Ainsi que le creusement de la fosse : « Quelques villageois qui passaient sur la route rapportèrent de manière confidentielle qu’une fosse commune avait été creusée…  ».        <br />
       	Les contacts entre détenus juifs et habitants locaux étaient ainsi plus courants que ne laisseraient penser le discours ferme et violent de K. et les barbelés entourant les écuries. Les policiers jouèrent un rôle majeur dans ces rapports. D’après le témoignage de l’un d’eux, les enfants restaient la journée au camp – sauf quand on craignait une sélection, auquel cas ils accompagnaient leurs parents à la construction de la route  – ou bien dans la maison des policiers, si ces derniers étaient conciliants.        <br />
       	Nous l’avons vu, les Allemands présents à Mikhaïlivka se soucièrent peu que les locaux soient témoins de leurs agissements envers les Juifs – au contraire, ils avaient besoin d’eux pour les tâches courantes et essentielles comme la surveillance et l’approvisionnement. Les villageois témoins du camp, mais aussi témoins des exécutions.       <br />
              <br />
       <b>Les villageois : témoins de la fusillade des détenus</b>       <br />
              <br />
       	En se référant à l’enquête sur le terrain, on découvre que le lieu le plus fréquemment utilisé pour les exécutions successives des détenus se trouvait non loin du camp des écuries. D’après les informations des archives allemandes , Andrej Angrick  fait état de trois exécutions précédées de sélection des détenus du camp : seize personnes le 19 août 1942, cent-sept à l’hiver 1942-1943, cinquante-cinq le 26 avril 1943 . Olga F., née en 1929, assista à des fusillades de détenus depuis la prairie où elle faisait paître les vaches, avec cinq autres personnes. Elle vit les colonnes de Juifs approcher, elle se tint alors derrière les sapins pour voir de plus près ce qui se passerait. D’après son témoignage, les Juifs étaient conduits, implorants, par un Lituanien, jusqu’à un ravin où trois fosses avaient été creusées auparavant. Avant l’exécution, le Lituanien fouillait les affaires des victimes et leur arrachait les dents en or. Puis il les abattait de son pistolet-mitrailleur. Le tireur restait alors quelques minutes sur les lieux pour s’assurer qu’il n’y ait aucun survivant . Ce récit est essentiel : nous ne disposons d’aucun témoignage précis sur les fusillades des détenus de Mikhaïlivka.        <br />
       	Les exécutions n’eurent pas lieu seulement dans le lieu-dit Lissaïa Gora. Les exécutions sommaires et aléatoires étaient fréquentes sur les deux sites de travaux des détenus juifs. Les bourreaux ne furent pas davantage discrets, tuant devant les policiers locaux. Mais on ne dit pas quelles étaient les limites du rôle de ces derniers dans l’entreprise génocidaire. Des témoins interviewés par Yahad-in Unum, une majorité d’entre eux avaient un membre de leur famille policier ou bien l’était eux-mêmes. Nous savons seulement que les policiers étaient armés ; mais les témoignages restent silencieux sur le degré de leur participation.        <br />
       	A Mikhaïlivka, l’enquête de terrain nous permit de mieux saisir l’ampleur de l’implication rurale forcée dans l’organisation de ce camp. Et nous montra aussi que ce camp, au cœur d’un petit village, ne pouvait pas être imperméable à son environnement immédiat. Partant de ce postulat, il était logique d’approfondir l’étude de tous les acteurs et spectateurs du camp.        <br />
       	Les détenus juifs de Mikhaïlivka furent transférés pour une grande part dans le camp de Tarassivka, à la suite d’une attaque partisane dans le village. Une fois le camp vide, les villageois le démantelèrent : bois, barbelés, et autres matériaux furent utilisés pour construire leurs caves … Lorsque nous étudions la Shoah en Ukraine, il faut avoir en mémoire le rôle essentiel du rural et de ses structures, que les Allemands n’ont pu ignorés, et dont ils se sont servis pour mettre en place leur œuvre génocidaire.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>Les archives allemandes et soviétiques - Séance du 4 janvier 2012</title>
   <pubDate>Tue, 03 Jan 2012 09:10:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le mercredi 4 janvier 2012, de 16h à 18h, aura lieu une séance du séminaire portant sur les archives allemandes et soviétiques, étudiées par Yahad-in Unum en vue des enquêtes sur la Shoah par balles. Elle se tiendra en salle des Résistants, ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris. Elle sera assurée par Fanny Chassain-Pichon (Yahad-in Unum) et Patrice Bensimon (Yahad-in Unum), en présence du Professeur Edouard Husson.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3603839-5219239.jpg" alt="Les archives allemandes et soviétiques - Séance du 4 janvier 2012" title="Les archives allemandes et soviétiques - Séance du 4 janvier 2012" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/3603839-5219239.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Les-archives-allemandes-et-sovietiques-Seance-du-4-janvier-2012_a248.html</link>
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   <title>Séance du 21 décembre 2011 - Bilan des recherches de Yahad-in Unum 2011</title>
   <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 10:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La séance aura lieu de 16h à 18h, en salle des Résistants (ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3562843-5139611.jpg" alt="Séance du 21 décembre 2011 - Bilan des recherches de Yahad-in Unum 2011" title="Séance du 21 décembre 2011 - Bilan des recherches de Yahad-in Unum 2011" />
     </div>
     <div>
      Cette dernière séance de 2011 sera l'occasion de faire un bilan des recherches de Yahad pour l'année écoulée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/3562843-5139611.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Seance-du-21-decembre-2011-Bilan-des-recherches-de-Yahad-in-Unum-2011_a247.html</link>
  </item>

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   <title>Le camp de Wapniarka, région de Vinnitsa, Ukraine - par Fanny CHASSAIN-PICHON</title>
   <pubDate>Wed, 30 Nov 2011 15:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Les camps nazis en Union soviétique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3492411-5028161.jpg" alt="Le camp de Wapniarka, région de Vinnitsa, Ukraine - par Fanny CHASSAIN-PICHON" title="Le camp de Wapniarka, région de Vinnitsa, Ukraine - par Fanny CHASSAIN-PICHON" />
     </div>
     <div>
      Le camp de Wapniarka est un camp situé dans la région de Vinnitsa en Ukraine qui entra en service du 22 octobre 1941 jusqu’au mois de mars 1944. Il se trouvait entre les fleuves du Dniestr et du Bug, point ferroviaire important sur la ligne de chemin de fer reliant Schmerinka et Odessa. Ce camp était composé essentiellement de Juifs de Bukovine, de Roumanie venant d’autres camps comme par exemple le camp de travail forcé de Tiraspol ou celui de Tirgul-Jiu en Roumanie. Comme le rapporte le témoin juif Eliyahu Mokowitsch : «  il y avait au camp de Wapniarka entre 1200 et 1500 détenus dont environ 80%de Juifs. Le reste était composé s’Ukrainiens et d’autres personnes. La plupart des Juifs étaient originaires de Moldavie et de Roumanie. Le camp de Wapniarka se divisait en gros bâtiments et était un village de population ukrainienne vivant de l’agriculture (…) mon travail consistait à réparer la toiture du toit »        <br />
              <br />
        Les témoins comme par exemple le docteur Arthur Kessler  ou le citoyen juif originaire de Suisse demeurant en Roumanie, Izschak Feinstein , se souviennent tous deux des noms des commandants de camp. Ainsi, Feinstein se rappelle :       <br />
       « Le commandant du camp était un major de la gendarmerie ou de l’armée nommé Murgescu. (…) le second commandant était un capitaine de l’armée roumaine ou de la gendarmerie nommé Buradescu (...) Après lui, le commandant fut un haut lieutenant retraité roumain de la gendarmerie nommé Popovici. Les relations étaient meilleurs avec celui là. »       <br />
              <br />
        Si ce camp est moins connu que celui d’Auschwitz ou de Dachau, il est particulièrement important de l’étudier notamment à cause des atrocités qui y ont été commises. En effet, ce camp de travail sur le papier, s’est avéré être en fait un véritable camp d’extermination même si la méthode de tuerie employée n’était pas le gazage des Juifs.       <br />
              <br />
       Le camp de Wapniarka accueillit plusieurs milliers de Juifs principalement de Czernowitz. Ces derniers étaient emmenés par la police roumaine, passant parfois par la case prison, sans aucune raison valable, avant d’être transférés à Wapniarka à partir de 1942 selon les témoignages dont nous disposons. Comme un témoin le rapporte, plusieurs convois comptant parfois plus de 1000 individus vinrent garnir le camp :       <br />
       « Notre convoi qui comptait 1200 Juifs, arriva à Wapniarka le 16 septembre 1942. Il y avait des gens de tous les âges plus particulièrement des jeunes gens âgés de 19 à 45 ans. A notre arrivée, je pus observer sur le mur des baraques des inscriptions en langue roumaine et yiddish et je compris que d’autres avaient déjà été là avant nous ».        <br />
              <br />
       Parmi les détenus du camp, ces derniers travaillant le plus souvent à l’extérieur, il fallait compter 18 médecins juifs internés dont le docteur Heinrich Aufleger (voir la citation précédente) et le docteur Arthur Kessler. Ce dernier écrivit un livre peu de temps après sa libération en 1946 intitulé Un médecin dans le camp  dans lequel il livre précisément les détails des atrocités que nous évoquions plus haut. Ainsi, par exemple, il raconte comment les détenus étaient tués en masse par un moyen dissimulé : la nourriture empoisonnée. Les détenus étaient ainsi tués de mort lente et dans la dissimulation la plus totale grâce à des haricots pour chevaux empoisonnés. Selon le docteur Kessler, des wagons entiers étaient remplis de cette nourriture désastreuse pour l’organisme. Ce dernier, spécialiste des maladies du système nerveux central, reconnut presque immédiatement dans ces haricots les fameux lathyrus satirus soit une sorte d’haricots cuisinés avec de l’eau et du sel  :       <br />
       « Notre convoi arriva le 16 septembre 1942. On reçut le jour de l’arrivée une ration journalière se composant de 400 grammes de lathyrus satirus et 200 grammes de pain d’orge contenant 20% de paille. Les suites immédiates de cette alimentation se traduisirent par des désordres intestinaux, des gaz, des flatulences, de sorte que de tels symptômes m’apparurent aussitôt comme dangereux pour la santé ».        <br />
              <br />
              <br />
       Le témoin Moskowitsch se souvient comment un jour alors qu’il se trouvait à l’extérieur du camp, un caporal roumain l’avertit du danger qui rôdait dans le camp de Wapniarka :       <br />
       « Le caporal roumain me prit à part et me dit en confiance : je ne suis pas détesteur de Juifs et je n’en ai jamais tué un seul. Avant vous, il y en avait d’autres qu’on a nourri avec des haricots empoisonnés pour les affaiblir. Ils ne pouvaient plus marcher et se déplaçaient à quatre pattes. Les Roumains leur jetaient des morceaux de pain. Ils marchaient jusqu’au pain et là les gendarmes roumains leur tiraient dessus »        <br />
              <br />
       Comme en atteste le docteur Kessler, dès le 5 janvier 1943, des détenus tombèrent malades des suites de cet empoisonnement et dix d’entre eux furent même paralysés.  A la demande d’Arthur Kessler qui créa même un hôpital pour essayer d’aider les victimes même si ce dernier ne disposait d’aucun médicament pour les aider,  et des autres médecins juifs du camp un rapport fut rédigé et envoyé à la haute autorité afin de dénoncer cet empoisonnement des détenus. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps, qu’une commission de médecins allemands et roumains vinrent au camp vraisemblablement en 1943 afin d’observer les dégradations sur la santé des détenus.         <br />
              <br />
       Abram Solomovici, un témoin juif détenu au camp, se souvient de la venue de la commission de médecins  :       <br />
       « Je suis tombé malade durant le passage de l’année 1942 à 1943 (…) Je fus également ausculté par la commission de médecins. Il s’agissait de médecins allemands qui se faisaient traduire par un traducteur. Ils firent plusieurs examens : ponctions lombaires, prises de sang, et des injections. Ils distribuèrent des médicaments dans le but de faire des expériences pas de soigner. Lors de leur seconde visite, ils amenèrent des lapins et des souris de laboratoire avec lesquels ils firent les mêmes tests effectués au préalable sur les détenus. »        <br />
       Comme en atteste le même témoin qui était un bon sportif avec une excellente forme physique, s’il ne trouva pas la mort comme beaucoup d’autres détenus, il resta invalide à 90% tout le témoin Moskowisch à cause de cette nourriture, synonyme de mort lente.        <br />
              <br />
       Selon le docteur Kessler on peut parler de meurtres dans le sens où cette tuerie silencieuse entraîna dans de terribles souffrances de surcroit la mort de milliers de Juifs        <br />
              <br />
              <br />
       Fanny CHASSAIN-PICHON
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/3492411-5028161.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Le-camp-de-Wapniarka-region-de-Vinnitsa-Ukraine-par-Fanny-CHASSAIN-PICHON_a245.html</link>
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   <title>Kamianky (région de Tarnopol, Ukraine) - Article de Johanna LEHR</title>
   <pubDate>Thu, 24 Nov 2011 17:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Les camps nazis en Union soviétique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3471595-4996899.jpg" alt="Kamianky (région de Tarnopol, Ukraine) - Article de Johanna LEHR" title="Kamianky (région de Tarnopol, Ukraine) - Article de Johanna LEHR" />
     </div>
     <div>
      Situé sur l’axe de la Durchgangsstrasse IV qui, dans le cadre de l’organisation Todt, vise à partir de février 1942 à établir une route reliant Berlin à Rostov, le camp de Kamianky constitue l'élément principal d'un véritable complexe concentrationnaire formé par les camps de Skalat (créé entre juin et août 1942, il abrite 200 à 500 Juifs), Romanove (créé entre avril et mai 1942, 100 à 600 Juifs internés) et Podvolotchisk (créé entre mai et juin 1942, 200 à 300 Juifs).        <br />
              <br />
       Le camp de Kamianky a été construit en octobre 1941 et a fonctionné jusqu'au 10 juillet 1943. D'après la Commission Extraordinaire Soviétique (CES) de Podvolotchisk, des Juifs de tout le district ont été emmenés à Kamianky lorsque le camp a été créé.        <br />
              <br />
       &quot;Au début de l'automne, les autorités allemandes ont construit un camp dans le village de Kamianky où ils ont amenés des habitants juifs de tout le district, leur faisant subir les pires sévices : des horaires de travail insupportables, des coups, des fusillades… J'ai vu personnellement des Juifs travailler à la réfection de la grande route car moi-même je devais transporter les pierres nécessaires à la construction de cette route. Les Allemands les obligeaient à charger les pierres sur les chariots, à casser les pierres en morceaux. Malgré le poids, ils les frappaient à coups de matraque en caoutchouc ou en bois, leur criant &quot;Schnell, schnell&quot;.&quot; (Déposition de Mikhaïl Antonovitch Iaron, né en 1899, réside dans le village de Moltchanouvka, district de Podvolotchisk ).       <br />
              <br />
       Mais dès juillet 1941, sous la contrainte des Allemands, les paysans et les Juifs locaux avaient dû travailler à la réfection de la grande route dans le village de Kamianky. Il semble que 11 des 28 Juifs venaient de la ville de Bogdanivka, dans le district de Podvolotchisk . En tout, 200 personnes dont 28 Juifs y astreints. A l'issue de cette tâche, les 28 Juifs avaient été conduits à la sortie du village et enterrés vivants. Des familles juives avaient également été arrêtées dans leurs maisons dès l'arrivée des Allemands à Kamianky et emmenées pour être fusillées dans des trous d'obus.       <br />
              <br />
       Les déplacements de population juive sont fréquents depuis les différentes villes autour de Kamianky: ainsi, en janvier 1942, 130 à 150 Juifs sont transférés du camp de Skalat au camp de Novoselko, avant d'être expédiés au camp de Kamianky en juillet de la même année. A Tarnopol, dans le ghetto créé le 25 septembre 1941, plusieurs centaines de jeunes Juifs sont capturés par le Judenrat sur ordre de la Gestapo et envoyés au tournant de l'année 1941 dans les camps de Kamianky, Veliki Glubodek, Veliki Borki et Zagreblya. A Czortkow, des jeunes Juifs sont pris dans la ville (il n'y a pas de ghetto créé) et envoyés dans les camps de Kamianky, Veliki Borki et Stupka à la fin de l'année 1941 et au début de l'année 1942. 1943 voit l'arrivée dans le camp de Kamianky des Juifs survivants de la fusillade du camp de Podvolotchisk. D'après l’historien Martin Dean , auteur d’une encyclopédie des camps et ghettos, le camp de Podvolotchisk a été liquidé le 29 juin 1943 et les Juifs transférés à Kamianky le 10 juillet sont tués sur place.       <br />
              <br />
       Le témoignage de Dimitri, un habitant de Kamianky né en 1928 et enregistré par l'équipe de Yahad sur place en 2010 , fournit des informations sur l'origine et le fonctionnement du camp de Kamianky. L'homme se souvient du moment où les Juifs, amenés de toute l'Ukraine et de la Pologne à Kamianky, ont été enfermés dans le camp établi à l'emplacement de l'ancienne forteresse et qui avait été utilisé par les soviétiques à partir de 1939 pour emprisonner les Polonais. Jusqu'en octobre 1941, c'était un terrain appartenant à un propriétaire qui y avait construit des étables. Celles-ci ont été ensuite transformées en baraques pour les prisonniers juifs du camp. Le camp de Kamianky était dirigé par un Allemand nommé Paul Raebel, qui dirigeait simultanément en 1943 quatre camps: ceux de Kamianky 1 et 2 (Yahad a pu reconstituer grâce au recoupement des archives soviétiques et du témoignage d’un habitant prénommé Vladimir  que le camp de Kamianky 2 est à Stupka, soit à quelques kilomètres de Kamianky), de Podvolotchisk et de Skalat.       <br />
              <br />
       Les habitants de la ville pouvaient aisément voir les prisonniers juifs dans le camp principal de Kamianky car celui-ci se trouvait en hauteur, sur une colline surplombant la ville.       <br />
       Les travailleurs juifs vivaient à l'intérieur du camp fermé par trois rangs de barbelés et gardé par la police ukrainienne. Des médecins, cordonniers, couturiers vivaient séparés des autres prisonniers dans une maison spécifique du village, astreints à des travaux forcés pour les Allemands, mais les habitants locaux pouvaient utiliser leurs services en cachette. Un autre bâtiment de la ville regroupait un groupe de six ou sept femmes juives astreintes aux tâches ménagères des occupants.       <br />
       Les Juifs travaillaient à la carrière, ainsi qu'à la réfection de la route, été comme hiver. Tôt le matin, Dimitri  pouvait les voir marcher en colonne, gardés par deux policiers juifs à l'avant et des brigadiers juifs à l'arrière. Ils portaient une étoile cousue sur la poitrine et dans le dos. Ils étaient forcés de chanter en polonais, en ukrainien ou en hébreu.       <br />
              <br />
       Des habitants entraient régulièrement dans le camp à chariot pour sortir les poubelles du camp. Vladimir  y est entré pour apporter de la nourriture de Skalat. Certains Juifs possédaient des laissez-passer qui leur permettaient de sortir du camp quand ils le voulaient. Ils venaient souvent dans le village, chez les habitants, et travaillaient en échange de nourriture. Mais pendant la nuit, personne n'entrait ni ne sortait du camp.       <br />
              <br />
       &quot;On pouvait s’approcher du camp. Les habitants du village ont été réquisitionnés avec leurs chariots et ils devaient sortir les poubelles du camp, amener les betteraves de Skalat afin que les Juifs puissent manger. Oui, on laissait entrer les gens dans le camp. Dans le camp, il y avait les forgerons, les spécialistes. Certains juifs avaient des laissez-passer et ils pouvaient entrer et sortir. Ils allaient dans le village et ils travaillaient. Ils venaient même chez moi fabriquer des outils.&quot; (Vladimir)       <br />
              <br />
       Paul Raebel indique dans sa déposition datée de juin 1961 la date du début de liquidation des quatre camps placés sous son autorité: juin 1943. L'ordre aurait émané du Sicherheitspolizei de Tarnopol et fut exécuté alors même que Raebel mettait en avant le besoin de main-d'œuvre des Allemands. Après les camps de Skalat et Podvolotchisk, c'est au tour des différents camps de Kamianky d'être liquidés.       <br />
              <br />
       Une femme juive, née en 1917, qui a réussi à s'échapper a témoigné des conditions d'évacuation du camp de Kamianky 3.       <br />
              <br />
       &quot; Une rumeur se propageait dans le camp, selon laquelle des camps des environs ont été liquidés, et même à côté de Lemberg. A la fin du mois, cela devait être le 29 ou 30 juin de cette année [1943], j’ai entendu, une nuit vers 2h, des cris. Je pensais que c’était l’appel du matin, que les gens devaient se mettre en route pour le travail. J’ai couru à la fenêtre et ai épié l’extérieur. Mais c’était encore l’aube grise. J’ai remarqué ensuite que l’ensemble du camp était cerné d’Allemands en uniforme. Je me suis alors habillée et suis sortie. J’ai alors vu que des hommes en uniforme allemand entraient dans le camp même. Ils avaient un casque sur la tête et des armes à la main. Ils sont allés dans les baraquements, on entendit des cris et nous avons reçu l’ordre d’aller tous dehors sur la place. A ce moment, alors que ce groupe d’hommes en uniforme allemand entrait dans le camp, un groupe d’environ 100-150 hommes était déjà en route pour le travail. Les hommes en uniforme fouillèrent l’ensemble du camp. Ils ont aussi cherché dans les cachettes et tous les gens ont été chassés dehors. Tous les Juifs qui vivaient en dehors du camp ont été aussi conduits dans le camp.&quot;         <br />
              <br />
       Avant d'être liquidé, le camp de Kamianky 2 subit une sélection. Ce camp est situé à Stupki. Puis des Juifs du camp secondaire de Kamianky dit Kamianky 2 sont transférés au camp principal.        <br />
              <br />
       &quot;Quelques jours avant la liquidation du camp, des Juifs du camp de Kamionka 2 ont été emmenés dans notre camp Kamionka 1. On sentait dans l’air que les Allemands ne nous préparaient rien de bon. Je me suis efforcé de rester en dehors du camp. Mon frère de douze ans était resté dans le camp, il a malheureusement péri au moment de la liquidation du camp. La veille de la liquidation j’ai dormi dans le baraquement de la station. La liquidation s’en est suivie le lendemain soir. Plusieurs des autres Juifs travaillant au Baudienst et moi-même avons sauté le plus haut possible. Nous sommes sortis en courant. De loin j’ai vu des Allemands, des Ukrainiens et des Lettons en uniforme tout autour dans les champs. Les Lettons portaient des uniformes sombres, bleu foncé ou encore noirs. Lorsque nous avons vu cela, nous nous sommes dispersés. Je me suis caché dans le grenier du baraquement voisin. Je suis resté caché là pendant plusieurs jours. J’ai entendu sans interruption les salves répétées des mitraillettes. &quot;         <br />
              <br />
       Un témoin interrogé par Yahad et nommé Mikhaïl  a assisté à l'exécution des Juifs du camp de Kamianky I. Elle s'est déroulée l'été, avant celle des Juifs dits spécialistes qui vivaient dans le village. Lors de l'exécution, les Juifs ont été menés par groupes de 50 personnes aux deux fosses qu'une dizaine de Juifs avaient préalablement creusées la veille. Le site d'exécution se trouvait à l'extérieur du camp, près de l'ancienne forteresse. Des fosses existaient déjà à cet endroit, pour les Juifs prisonniers morts de fatigue ou de faim dont les corps étaient ramenés là en charrettes. Les habitants ont pu voir les Juifs se déshabiller à 50 m du bâtiment de la forteresse et observer la manière dont ils ont été fusillés, nus.       <br />
       Un policier menait les Juifs du camp à la fosse par groupes. Les Juifs se tenaient debout devant la fosse et beaucoup, seulement blessés, y tombaient encore vivants. Il s'agissait uniquement d'hommes: il n'y avait en effet ni femme ni enfant dans le camp de Kamianky. Vladimir  se souvient des tireurs qui faisaient partie d'un détachement punitif venu spécialement la veille et qui s'étaient beaucoup enivrés. Il n'a vu aucun Allemand présent à la fusillade pour donner l'ordre de tirer.       <br />
       Deux jours après la fusillade, comme le sang coulait depuis la fosse et pouvait atteindre le village, les habitants ont pris peur. Les Allemands ont alors réquisitionné des hommes pour rouvrir la fosse et sortir les corps avec leurs propres crochets domestiques. Ils ont également dû rapporter des bûches de bois, d'une longueur d'un mètre, qu'ils ont placées dans deux nouvelles fosses. Ils y ont placé alternativement en couches le bois et les corps. La moitié des corps a d'abord été brûlée. Les vêtements et valises des Juifs ont été également brûlés. L'ensemble de la crémation a duré deux semaines, puis les habitants ont enterré les restes des corps brûlés.        <br />
              <br />
       &quot;On amenait les juifs du camp dans cette forteresse où on les faisait se déshabiller, puis on les conduisait vers la fosse déjà creusée où on les fusillait. C’était l'été, les gens ont vu que le sang montait à la surface et ils ont eu peur qu’il coule dans la plaine et tombe dans la rivière. Alors les Allemands ont fait rassembler les hommes du village, leur ont ordonné d’apporter les crochets et de sortir les corps des Juifs fusillés de la fosse. Les Allemands ont amené du bois. Puis ils ont mis ces bûches, les cadavres des Juifs avec leurs vêtements par-dessus et ont mis du feu à tout cela. Ca a brûlé pendant deux semaines et si le vent soufflait de l’est, on ne pouvait pas respirer dans le village. Une fois que tout a été brûlé, on a enterré les restes et c’était fini.&quot; (Dimitri)       <br />
              <br />
       Ce recours ultime aux bûchers suscite des interrogations. Pourquoi brûler les cadavres ? S’agissait-il de faire disparaître les traces du crime ? L’équipe de Yahad – In Unum a relevé la concomitance temporelle entre la destruction par crémation des derniers Juifs du camp de Kamianky et la mise en œuvre dès 1942 sur le territoire est-oriental des directives nazies relevant de l’Opération 1005, visant à détruire les preuves du génocide de masse par le feu.        <br />
              <br />
       Le camp a été démantelé par les habitants une fois les Juifs exécutés et les Allemands partis. Les villageois ont pris les barbelés pour leurs maisons. Un mois après la fusillade, il ne restait plus aucune trace du camp principal de Kamianky.       <br />
              <br />
       Dans le village de Kamianky, à 10km de Podvolotchisk, la CES  a découvert une fosse de 12m de long sur 6m de large et 4m de profondeur, où se trouvent 1000 corps d'hommes, de femmes et d'enfants. Une autre fosse de 4m de longueur sur 2,5m de large et 2,5m de profondeur a été retrouvée : 20 personnes du village de Kamianky y sont enterrées.       <br />
              <br />
       Johanna LEHR
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/3471595-4996899.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/Kamianky-region-de-Tarnopol-Ukraine-Article-de-Johanna-LEHR_a244.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Slavic children forced to donate their blood for wounded enemy soldiers: Vampire camps of the Wehrmacht - Article de Vincent C. FRANK</title>
   <pubDate>Thu, 24 Nov 2011 10:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Les camps nazis en Union soviétique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Vincent Frank participa au symposium international "Les camps nazis sur les territoires soviétiques occupés" les 19 et 20 septembre 2011 à Paris. Il présenta alors un aspect peu connu des camps de la Wehrmacht où des enfants slaves furent forcés de donner leur sang pour les soldats allemands blessés. Page sombre et cruelle de la guerre à l'Est, qu'il reprend ici dans un article en anglais et en allemand (cf. la pièce jointe). Vous trouverez d'autres informations sur Vincent Frank sur son site internet: http://www.falsifikation.ch     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3469856-4993806.jpg" alt="Slavic children forced to donate their blood for wounded enemy soldiers: Vampire camps of the Wehrmacht - Article de Vincent C. FRANK" title="Slavic children forced to donate their blood for wounded enemy soldiers: Vampire camps of the Wehrmacht - Article de Vincent C. FRANK" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Historical events</span>       <br />
       The vampire camps existed in the last years of WW2 in Eastern Europe: Slavic – not Jewish – children were kept in these camps as living blood reserves to be used in German military lazarettos. The blood was given to soldiers and officers of the Wehrmacht. Wounded Waffen-SS probably also received Slavic blood.        <br />
                                                                       <br />
       The children were collected from the street, some having lost their parents some were stolen from their parents. These children camps are not mentioned in the respective literature nor are they mentioned among the thousands of German camps known.        <br />
              <br />
       Depending on the rarity of their blood group they had to deliver blood up to once a week, or even more frequently. The age-limit was from 5 years (sometimes lower) till puberty. By the few surviving victims the withdrawal of blood is remembered as a coarse procedure that caused considerable pain. After blood withdrawal the children were given a candy – but no nourishing supplements. When the children inmates of these camps were bled dry they were disposed of by gas-wagon or shut. Very few survived, probably less than 1 to 2 %.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Missing documentation</span>       <br />
       The paucity of documents deserves special interest. The reasons explain why nobody in the past spoke or wrote about the topic. The number of people knowing must have been kept extremely small and those who had some overview also had good reasons to keep quiet.       <br />
              <br />
       It is obvious that transmitting Slavic blood to wounded Germans fundamentally contradicted the race theory dominating Nazi-Germany: Inferior Slavic blood was forbidden for Arians. This is the main reason to keep these transfusions top secret.        <br />
       It was not advisable for German military at the front to learn that in case of being wounded or in shock they might get “inferior” enemy blood - even if this would save their lives. It was further not advisable, enemy soldiers to get to know what their children were used for. This would have enhanced their will to fight. The operation had obviously to be kept fully secret at home and as well towards Western countries.        <br />
              <br />
       The race theory omnipresent in Germany was more than a hobby of Himmler but an instrument of his power. The SS-Rassenamt had to take care of all race questions. In case the practice in the lazarettos would have become known, Himmler would eagerly have grabbed the chance to take over the military lazarettos from the Wehrmacht. Medical personnel or physicians to whom the SS could prove such a grave contempt Defiance of the laws on races risked even their lives. In the best case they would have been transferred to the front where it was most dangerous. This prospect certainly prevented them from producing or signing any piece of paper. No military order, no report or organization scheme could end up in any archive when nobody ever dared to produce such a paper. Awareness of their wrongdoing might have helped to keep the secret after the war. - The Military are usually successful in keeping secrets.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Survivors but not victims</span>       <br />
       To become a Soviet hero of WW2 was sought for by politics after the war. Nobody was interested in having these few surviving children getting the advantages connected to the status.        <br />
       In recent interviews the witnesses stated that they had quickly learned not to boast as victims as this would have lead to the accusation of having helped the enemy.        <br />
              <br />
       For some aspects of the blood delivering by children quite a lot of small evidence, mostly of private sources, can be found in the former Soviet-Union. But the topic was and obviously still is practically taboo for researchers as well as history books.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Evidences of the events</span>       <br />
       Despite the strong reasons for keeping secret and not speaking about the topic some evidence could be collected. They origin from very different sources which together give further authenticity and evidentiary value:       <br />
       •	17 names of such camps all over Eastern Europe include 2 transferred to Germany. It might well be that on the retreat of the Army different locations refer to the same lazaretto.       <br />
       •	Two such former camps have recent memorials: Krashnyi Berek in Belorussia and Kretinga in Lithuania.       <br />
       •	In recent years some survivors from different camps had the chance to tell their story to journalists. They spoke of about 3000 children inmates in their camp, those who died being replaced. They confirm the taking of blood as extremely painful. In some cases it was drawn from the heels and usually at a frequency of once a week. Children with rare blood had to deliver more often and there is one report that in a case of need all the blood of the victim was taken.        <br />
       •	Two short documentaries were aired by ZDF last year. This leading German television company had them broadcast after midnight. No repetition.       <br />
       •	Two German historians known for their work on the medical services of the army told me that they never saw any documents on my topic in any German archives but that they think such handling to be very possible and fitting the time quite easily.       <br />
       •	Lots of information can be found in Eastern Europe, be it contemporary or later, and be it in personal memories or evidence in court matching. All support the events. Together they give a mosaic with blank spaces still but without relevant contradictions. They leave no doubt of the general fact. One victim reports that a nurse was ordered to watch outside the room and to let nobody enter while the blood was taken. Other children report that during their transport to the camp the guards told them about their destiny and that they will have to deliver blood until they die. Cases of transfusion from vein to vein are reported but no answer is given to the questions whether the receiver was conscious and able to recognise the donor. If he was unconscious this might be an explanation he never learned to whom he has to thank for blood and life.       <br />
       •	In scientific literature my attention was brought to only one short mentioning.       <br />
       •	A book on the ghetto of Vilnius reports an engine driver telling having brought some thirty Jewish children to the military hospital in Krakow for having taken their blood and their skin for wounded German soldiers – up till now the only mentioning of Jewish children.        <br />
       Only one unquestionable official document speaks about the topic: On November 20th 1945, the first day of the Nurnberg trial, General Ozol, the Soviet Deputy Prosecutor enumerated 15 different ways children had been killed during the war. The 12th accusation is worded: “extracting their blood for the use of the German Army“. The enumerated other 14 crimes against children have been confirmed in the Nurnberg trials and since further supported in realms of publications. The only accusation not spoken of further in Nurnberg nor researched afterwards is the extracting of children’s blood for the purposes of the Wehrmacht.        <br />
       As the real events of taking blood from children had to be hidden which meant not to be mentioned at all, camouflaging explanations had to be used and were given. They are found and presented by today’s researchers:       <br />
       Collecting children from the streets made sense as a precocious security measure preventing Soviet Resistance to adapt them.       <br />
       Children were used in lazarettos for smaller services but certainly not by the thousands and not at an age of around 5 years.       <br />
       The program of adoption in Germany for Slavic children under the auspices of Rosenberg and Himmler had an indirect camouflage effect too.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">German race theory in conflict with medical ethos</span>       <br />
       The theory on race was of course well familiar to the physicians of the German army. They also knew about the curious exception of children: Till puberty blood was said not to have (fully) developed the bad qualities of their race. On this exception the program was based to take Slavic children to Germany for adoption by German parents having lost their own children in the war officially adopted and under the control of the SS and Himmler personally. Certainly the Wehrmacht did not want to have their lazarettos under Himmlers control like the said program. There were some connections between this program and the one of the children blood banks. When children for adoption by Germans did finally not pass the tests, they were in some cases transferred to the blood deliverers.        <br />
              <br />
       The physicians of the lazarettos had a dilemma they could only solve by acting fully top secret. On the one hand they, as well as their superiors, did not want to come under SS command. On the other hand they experienced that their patients when given blood – even from inferior race – survived. Those who decided using children’s blood had chosen to disregard the race theory in favor of saving lives of soldiers they had to care for – yet disregarding the lives of the children.        <br />
              <br />
       Arian blood was hard to obtain in Eastern Europe. German military personnel could not be asked to donate blood too often as they should not be weakened too much. Towards the end of the war in the East the casualties increased tremendously and so did the need for blood.        <br />
              <br />
       Contrary to the United States, Great Britain and even in Switzerland not participating in the war there was no blood collection service in Germany. The German physicians’ main task was to send the soldiers back to the front as quickly as possible – the practice preferred too early as better than too late.        <br />
              <br />
       Even so doubtful in race theory, the determining decision to take blood from Slavic children was first of all in the interest of winning the war. Transfusion of blood to wounded German military can be considered to correspond with the Hippocrates’ oath - as it saved the lives of soldiers. But certainly the wrong towards the children contradicts it.         <br />
              <br />
       Vincent C. FRANK       <br />
       <a class="link" href="http://www.seminaireshoah.org/http">http://www.falsifikation.ch/</a>://
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>http://www.seminaireshoah.org/Slavic-children-forced-to-donate-their-blood-for-wounded-enemy-soldiers-Vampire-camps-of-the-Wehrmacht-Article-de_a243.html</link>
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   <title>Travaux préparatoires à la solution finale de la question juive en Europe et planification de la guerre contre l'URSS - Séance du séminaire du 23 novembre 2011</title>
   <pubDate>Tue, 22 Nov 2011 09:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3460756-4980535.jpg" alt="Travaux préparatoires à la solution finale de la question juive en Europe et planification de la guerre contre l'URSS - Séance du séminaire du 23 novembre 2011" title="Travaux préparatoires à la solution finale de la question juive en Europe et planification de la guerre contre l'URSS - Séance du séminaire du 23 novembre 2011" />
     </div>
     <div>
      Le séminaire se tiendra le mercredi 23 novembre 2011, de 16h à 18h, en Salle des Résistants à l'ENS, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris. Le professeur Husson évoquera les travaux préparatoires à la solution finale de la question juive en Europe et de la planification de la guerre contre l'Union soviétique. Nous vous fournirons un corpus de textes ayant trait au sujet.        <br />
       Pour plus d'informations, merci de contacter Marie Moutier: m.moutier@yahadinunum.org ou au 01.53.20.13.14
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>http://www.seminaireshoah.org/Travaux-preparatoires-a-la-solution-finale-de-la-question-juive-en-Europe-et-planification-de-la-guerre-contre-l-URSS_a242.html</link>
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   <title>changement de salle: séminaire du 9 novembre 2011</title>
   <pubDate>Wed, 09 Nov 2011 14:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      chers tous,        <br />
              <br />
       le séminaire de cette après-midi aura lieu exceptionnellement dans la salle Cavaillès située avant la salle des Résistants.       <br />
       Bien cordialement       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/changement-de-salle-seminaire-du-9-novembre-2011_a241.html</link>
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   <title>textes pour le séminaire du 9 novembre 2011</title>
   <pubDate>Wed, 09 Nov 2011 11:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "La fonction d'Hitler dans le processus d'extermination"     <div>
      Chers tous,       <br />
              <br />
       Voici les extraits d'ouvrages qui seront étudiés aujourd'hui dans la seconde séance de notre séminaire.       <br />
              <br />
       Bien cordialement et bon séminaire à tous       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.seminaireshoah.org/textes-pour-le-seminaire-du-9-novembre-2011_a240.html</link>
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   <title>La fonction de Hitler dans le processus d'extermination - Séance du 9 novembre 2011</title>
   <pubDate>Thu, 03 Nov 2011 18:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marie Moutier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[SEMINAIRE 2011-2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La séance aura lieu en salle des Résistants, à l'Ecole Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, de 16h à 18h. Le séminaire est ouvert à tous.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminaireshoah.org/photo/art/default/3404722-4896026.jpg" alt="La fonction de Hitler dans le processus d'extermination - Séance du 9 novembre 2011" title="La fonction de Hitler dans le processus d'extermination - Séance du 9 novembre 2011" />
     </div>
     <div>
      Le professeur <b>Edouard Husson</b> assurera cette séance, centrée sur la fonction de Hitler dans le processus d'extermination. Un corpus de texte sera mis à disposition sur ce site et sur place.       <br />
       Pour plus d'informations, merci de contacter Marie Moutier: m.moutier@yahadinunum.org ou au 01.53.20.13.14 ou Fanny Chassain f.chassain@yahadinunum.org ou au 01.53.20.13.16
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.seminaireshoah.org/photo/art/imagette/3404722-4896026.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.seminaireshoah.org/La-fonction-de-Hitler-dans-le-processus-d-extermination-Seance-du-9-novembre-2011_a239.html</link>
  </item>

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